Mercredi 18 avril 2012 17h00 Amphithéâtre de l'ISEPP

L’évolution de la pensée médicale et plus globalement de la pensée sur
l’Homme dans notre civilisation a conduit à séparer la douleur dite
physique, étudiée alors essentiellement sur ses aspects
neurophysiologiques, et la douleur morale, dite psychique, ou
souffrance. Or, la prise en compte du rapport du sujet à l’univers de
la pensée permet un autre regard sur la douleur, qui survient comme
effraction de l’organisation du monde subjectif, alors même qu’elle
est très tributaire, dans son identification, de l’univers culturel
duquel est issu le sujet douloureux. La douleur est un événement
psychique impensable, que celle-ci soit physique, corporelle, ou
psychique, effet d’une perte.
Nous prendrons donc en compte les avancées anthropologiques pour
souligner l’importance de l’univers de pensées dans lequel le sujet
douloureux est pris.
Nous articulerons ensuite la question de l’éprouvé de la douleur à
celle de la plainte, qui n’a rien de spontanée et qui relève au
contraire d’une construction psychique très précoce et, une fois
encore, en lien avec le milieu culturel. Si la douleur n’est pas
pensable, le rapport du sujet à sa douleur se construit néanmoins
comme histoire sur laquelle le sujet s’appuie à chaque nouvelle
expérience douloureuse. De même, la douleur corporelle comme
impossible à dire, mais support à la plainte,  peut se faire
paradoxalement le porte parole d’autres douleurs plus difficiles
encore à faire reconnaître dans notre culture.