Les conférences de l’ISEPP : « Les Âges de la Vie en Renouvellement »
Par Christian Heslon, Directeur IPSA/UCO, Maître de Conférences en Psychologie
Dans la pensée occidentale, ce furent d’abord les latins qui définirent les 7 âges de la vie civique pour l’homme : infans, puer, adolescens, matur ou juvens, senior, senex, grandis natu. Ceux des femmes étaient réduits à 4 : infans, puella ou virgo, mater ou uxor, anus. Quant à l’immense majorité des servus, ils ne connaissaient que deux âges civiques : infans, puis puer ou puella. On retrouve là deux constantes des sociétés traditionnelles : celui du primat du masculin en matière d’âge et celui de la symbolique du chiffre 7. Après avoir brièvement exposé quelques logiques trans-culturelles des âges de la vie, nous en explorererons les origines pour mieux en comprendre les développements jusqu’à l’époque moderne.
Epoque moderne qui se caractérise par une référence aux décennies et à ce que les sociologues appellent « police des âges », imprimant durablement sa marque à toute la psychologie développementale nord-américaine (life-span psychology) au cours du 20ème siècle. mais il se trouve que l’allongement des espérances de vie d’une part, les transformations de la vie adulte d’autre part (notamment en termes de rapport au travail, à la conjugalité et à la famille) et les nouveaux rapports entre les générations enfin (de la succession entre 2 à 3 générations à la coexistence entre 4 à 5) renouvellent considérablement ce panormama tout autour de la planète. En effet, quand bien même ces évolutions rapides et récentes ne se vérifient pas, loin de là, dans tous les pays et pour tous les peuples, elles impriment un nouvel imaginaire des âges qui tend à se mondialiser.
Dès lors, divers questionnements cruciaux se font jour. Questionnement éthique : sommes-nous en train de vivre une rupture anthropologique majeure qui, après avoir permis les naissances voulues ira jusqu’à la mort choisie ? Questionnement sociétal : face au délitement de l’autorité des anciens, n’assistons-nous pas à la victoire de la responsabilisation individuelle des adultes ? Questionnement anthropo-psychologique : n’est-ce pas désormais l’âge subjectif post-moderne qui l’emporte sur l’âge d’état-civil moderne, après que ce dernier ait supplanté l’âge allégorique traditionnel ? Questionnement économique et managérial : comment gérer la diversité des âges au travail et comment répartir les richesses entre actifs privés d’emploi et retraités hyperactifs ? Questionnement pour la formation, l’enseignement et l’université enfin : à quelles conditions apprendre de et à tous les âges de la vie dans la société cognitive ?
1/ Repères historiques
- Les âges de la vie latins
- Les trois ou quatre âges de la vie traditionnels
- La « police des âges » des sociétés industrielles
2/ Evolutions récentes
- Allongement des espérances de vie
- Transformations de la vie adulte
- De nouveaux rapports générationnels
3/ Questionnements actuels
- Naissances voulues et mort choisie
- De l’autorité à la responsabilité
- Âges subjectif et crises de la vie adulte
- Gérer les âges au travail
- Apprendre à tous les âges de la vie
Heslon, C. (2007). Psychologie de l’anniversaire. Paris : Dunod.
−(2008). Accompagner le grand âge. Paris : Dunod.
− et coll. (2009). Où sont passés les adultes ? Paris : Téraèdre.
−dir. (2011). « Vie plus longue (mode d’emploi) », Cultures & Sociétés, 19, 8-97.



















